B.E. Reform

 

Comme beaucoup de stagiaires le savent, le diplôme de moniteur de ski est actuellement soumis à une grande refonte dûe à la réforme générale des diplômes de l’enseignement.

La plupart des diplômes sportifs sont passés de la nomination de « Brevet d’état » à celle de « Brevet Professionnel ».Pour le ski alpin, c’est  désormais un « Diplôme d’Etat » qui permettra d’enseigner contre rémunération. La  réforme est menée par l’ENSA (Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme) sous l’égide de son directeur Gilles Bouchet.

Diplôme d’Etat de ski, moniteur national ski alpin

Le diplôme change donc d’appellation est devient : « Diplôme d’Etat de ski, moniteur national ski alpin ». Il sera délivré officiellement à partir du 30 juin 2013. Les premiers basculements de formation se feront dès cet automne à compter du mois de novembre 2012.

Pas moins de 22 passerelles ont été prévues pour que les stagiaires puissent passer de l’ancien cycle de formation au nouveau sans recommencer les stages déjà effectués. Et les durées de livret de formation sont aménagées en conséquence.

Comme toute réforme, la transition d’un diplôme à l’autre est délicate, mais on peut compter sur l’investissement des professeurs de l’ENSA pour la gérer au mieux auprès des stagiaires.

Globalement cette réforme offrira une formation plus courte avec un total de 11 semaines dont 4 consécutives pour le 1er cycle.

Bien que la durée du livret de formation laisse largement le temps au stagiaire pour obtenir le diplôme final (voir le tableau plus loin), le bloc de 4 semaines du 1er cycle sera certainement le plus difficile à assumer pour les étudiants qui devront jongler avec le temps libre de leurs études. En effet, il va falloir compter composer dans les années à venir avec une restriction de l’ouverture des domaines skiables l’été. Les étudiants devront donc s’adapter et optimiser au mieux leur formation pour effectuer les stages dans les temps impartis.

Le nouveau diplôme intégrera aussi tout au long du cursus les anciens UF (Unités de Formation) milieu et public particulier, l’UF snowboard et activités dérivées  (à priori plus que 3 jours de formations snowboard), ainsi que l’UF cartographie et orientation.

Par contre l’exigence aux examens reste la même, voire se renforce : on annonce 2 DVA à trouver au lieu d’un seul pour l’UF milieu montagnard enneigé (recherche dite multi victimes). Le stagiaire aura donc tout intérêt à posséder du matériel récent et à s’être bien entrainé au préalable, sous peine de revenir à la case départ.

Le tronc commun montagne est lui aussi soumis à réforme. Le texte réglementaire devrait être publié courant octobre 2012. A l’heure actuelle il est envisagé de rebaptiser le « tronc commun montagne » de « formation générale commune aux métiers d’enseignement, d’encadrement et d’entrainement des sports de montagne ». Formation de 35h gérée par l’ENSA ou le CNSNMM de Prémanon, abordant 5 thématiques différentes et sanctionnée par une épreuve écrite. Là aussi, les stagiaires devront se tenir au courant des modalités d’intégration dans le nouveau cursus.

Certains peuvent imaginer que la réduction du temps de formation pour accéder au diplôme entraîne  une diminution de la valeur de ce dernier. Ce n’est évidemment pas le cas : cette réforme s’inscrit dans le cadre  d’une harmonisation européenne où la qualité des diplômes délivrés par la France et son école l’ENSA  dans les sports de montagne est une référence mondiale.

Une démarche personnelle fondée sur la rigueur et l’exigence

Même si les exigences requises pour obtenir un Diplôme d’Etat sont élevées, le titulaire d’un tel diplôme ne devrait cependant jamais négliger l’évolution actuelle de notre société, particulièrement  dans le domaine de la mobilité des consommateurs de loisirs…et des enseignants ….

Dans les stations françaises, il est fréquent de rencontrer des étrangers qui, grâce à leur parfaite maîtrise des langues et leur motivation, accèdent peu à peu aux métiers d’enseignants sportifs par le biais d’équivalences leur permettant d’exercer en France.

Cette situation est parfois mal vécue, surtout quand ces professionnels étrangers, non titulaires des mêmes diplômes obligatoires que les professionnels français pour exercer contre rémunération, se regroupent au sein de structures jouissant d’une bonne visibilité dans les stations.

Loin de cautionner une attitude craintive ou de rejet à l’égard de cette nouvelle concurrence, le CISM encouragera toujours ses stagiaires à adopter un comportement de « challengers », résolument tournés vers la recherche d’excellence.

Une démarche personnelle fondée sur la rigueur et l’exigence, inspirée de la compétition au plus haut niveau, nous semble en effet être la seule réponse durable qu’un professionnel digne de ce nom puisse apporter à l’évolution de la réglementation européenne en matière de diplômes sportifs et de droit d’exercice des métiers concernés.

 

Durée des livrets de formation

3 ans après le cycle préparatoire (nouvelle préformation) pour obtenir l’Eurotest

3 ans + 1 an après l’Eurotest pour obtenir le 1er cycle

4 ans + 1 an pour obtenir le final

 

Christophe Dejouy

Manager du CISM