Au micro du CISM: Christophe DEJOUY

Sportif, entrepreneur et passionné, le Manager et coach du Centre International des Sports de Montagne nous donne sa vision et sa version du CISM.

A 33 ans, originaire de la région niçoise, Christophe DEJOUY collectionne les diplômes sportifs : BE vol libre, BE moniteur de ski, qualification VTT, BE accompagnateur en moyenne montagne.
Il commence à enseigner le ski dès 1997 en tant que moniteur à l’Ecole du Ski Français d’Auron, dans les Alpes Maritimes. Puis il enchaîne plusieurs saisons comme entraîneur principal dans des ski-clubs tels que La Colmiane et Valberg (Alpes Maritimes), ou encore Queenstown en Nouvelle-Zélande.
Ses étés, il les passe dans les airs : moniteur de parapente à Rustrel (Lubéron), à Ancelle (Hautes-Alpes) puis à Tignes (Savoie), où il a pris ses quartiers depuis 2009 avec la double fonction de moniteur de ski et de parapente.
Passionné de montagne, il pratique aussi l’alpinisme et l’escalade.

Tout naturellement, le projet du CISM a tranquillement mûri dans son esprit...

 

Qu’est-ce qui t’a motivé à créer le CISM ?

« Le fait d’avoir travaillé longtemps dans la performance au service des jeunes des clubs de ski dont j’ai été l’entraineur, le fait d’avoir plusieurs diplômes sportifs et donc d’avoir suivi de nombreuses formations, m’ont donné envie de partager ce savoir faire tout en continuant à le mettre au service de la performance. C’est aussi une rencontre et des échanges avec un homme : Aimé Favre. Je partage avec lui cette passion de la montagne et de l’humain. Enfin, un lieu : Tignes, carrefour des sports d’hiver et station sportive où le terrain de jeu offre d’innombrables possibilités. Sébastien Mousselard nous a rejoints l’an dernier et le CISM a été créé en 2012 pour commencer les premiers stages de formations cet automne ».

Aujourd’hui, y a-t-il une réelle demande pour un accès à la formation et à la préparation aux métiers sportifs de la montagne?

« Les métiers sportifs de la montagne font souvent rêver car ils sont liés à un milieu exceptionnel, ce qui attire de nombreux candidats. Pour autant, les heureux élus sont peu nombreux et le taux d’échec est assez conséquent. Ces diplômes sont exigeants et personne ne peut s’improviser professionnel dans un milieu considéré à risque. Parmi les candidats à ces diplômes, certains sont issus du milieu de la compétition et ceux-ci n’ont souvent guère de problèmes pour obtenir leur diplôme. Mais n’oublions pas les autres candidats, aux parcours différents et variés, qui se retrouvent parfois en difficultés, notamment lors des examens techniques. Par exemple, lors du test technique pour le monitorat de ski, seul le chrono compte ! Pour ces candidats, une structure comme le CISM répondra à leur besoin de préparation ».

Que penses-tu du projet de création du CNSHN (Centre National du Sport de Haut Niveau) à Bourg Saint Maurice, près de Tignes?

« En tant que sportif, je dirais que tout ce qui peut pousser à la performance est une bonne chose. En tant que skieur, je pense que c’est une chance pour le ski français. Pouvoir regrouper nos meilleurs skieurs dans une ville comme Bourg Saint Maurice au pied des grandes stations de Savoie est une opportunité que les pouvoirs publics ne doivent pas laisser passer. La naissance du CNSHN pourrait créer une réelle émulation chez nos jeunes et serait l’aboutissement de la politique menée par la fédération depuis quelques années sous l’égide de Pierre Bornat. Un vrai travail de fond a en effet été accompli au niveau des comités avec le regroupement systématique des meilleurs éléments français dans les catégories benjamins et minimes ».

Cependant, un article du Dauphiné Libéré a présenté le CISM comme une structure concurrente au futur Centre National du Sport de Haut Niveau. Qu’en est-il vraiment ?

« Nous ne sommes pas concurrents car nous ne nous adressons pas au même public. Le coaching privé existe depuis longtemps et répond à une demande d’individus souvent hors du système fédéral et traditionnel d’entraînement. Les formations proposées par le CISM sont très personnalisées, pratiquement ‘à la carte’ et s’adressent à un public à la recherche d’un besoin spécifique de préparation. D’autre part, le CISM accueille aussi les athlètes étrangers, en proposant une structure d’entraînement. Le seul point commun entre le CISM et le projet de CNSHN est de s’appuyer sur les qualités du territoire de Haute-Tarentaise pour exister».

L’ENSA est la seule institution qualifiée pour décerner les diplômes de montagne. Quelles relations envisagez-vous avec elle ?

« L’ENSA est l’école de la montagne par excellence et elle est réputée dans le monde entier. Tous les pros de la montagne en France passent par cette école. Elle est la garantie de la qualité de nos formations et donc de nos diplômes professionnels. Et les diplômes français sont reconnus à travers le monde pour leur niveau de qualification qui n’a d’ailleurs, sans chauvinisme, guère d’équivalence. Pour l’instant, le CISM n’a pas directement de relation avec l’ENSA si ce n’est par l’intermédiaire des connaissances personnelles que nous avons au sein de l’institution. Par contre, le CISM reste à l’écoute des divers travaux ou analyse de l’ENSA, comme par exemple la dernière réforme du BE de Ski Alpin, afin de pouvoir proposer à nos stagiaires des formations mises à jour avec les modifications des examens. De plus, nous sommes bien conscients de l’ouverture du marché de la montagne aux autres diplômes européens. Nous encouragerons toujours nos stagiaires étrangers à être exigeants avec eux mêmes en les incitant à passer les diplômes français à l’ENSA. Ce ne sera pas facile à faire appliquer mais je crois que cette démarche répond au principe d’exigence et de rigueur que l’on veut donner à nos stagiaires ».

Pourquoi avoir choisi Tignes comme camp de base?

« Tignes possède de nombreux avantages : c’est une station sportive avec des infrastructures performantes et récentes au cœur d’un terrain de jeu exceptionnel. Mais comme tu l’as dit, c’est un ‘camp de base’ : les coachs du CISM n’hésiteront pas à se déplacer ailleurs si l’exigence de la formation ou de la performance nous le recommande ».

Tu possèdes déjà de nombreux diplômes dans l'enseignement de différents sports de montagne: envisages-tu d'ajouter d'autres cordes à ton arc?

« Pour l’instant non, quoique... Quand je découvre une activité, j’aime en avoir une certaine maitrise, et j’aime apprendre. Et lorsque c’est une activité dite à risque, je préfère mettre toutes les chances de mon côté, et cela passe par la formation. Mais pour l’instant je n’envisage pas d’autres BE ; il faut déjà que je maintienne au niveau ce que j’ai ».

Quel va être ton rôle au quotidien en tant que Manager du CISM? Et en tant que coach? Sur quelles disciplines vas-tu intervenir?

« Pour l’instant l’objectif est de faire connaître la structure. Nos premiers stages débutent au mois de novembre 2012. Il s’agit de stages de préparation à l’Eurotest et au test technique du BE de Ski Alpin. Durant l’hiver nous aurons aussi des stagiaires à préparer sur ces examens et aussi sur celui de pisteur-secouriste. Puis nous allons préparer les formations pour les examens des BE Accompagnateur Moyenne Montagne, la qualif’ VTT et peut être le parapente pour l’été prochain. J’interviendrai directement dans certaines de ces formations en tant que coach, mais le CISM fera aussi appel à d’autres professionnels, sélectionnés pour leurs compétences, leurs passions de l’activité mais aussi sur la qualité de la transmission du savoir faire. »

Propos recueillis le 10 octobre 2012