Au micro du CISM : Muriel SAURAT, la touche féminine dans notre équipe de coach !

Bonjour Muriel, nous te voyons régulièrement sur les stages en tant que coach du CISM, peux tu nous retracer ton parcours de skieuse et de sportive ?

Originaire des Pyrénées et j’ai eu la chance de skier depuis très jeune, club, sport étude, puis j’ai continué sur le circuit universitaire et citadin en arrivant pour mes études en STAPS à Lyon. C’est à ce moment là que j’ai élu domicile ici, proche de Tignes et Val d’Isère pour vivre mes passions et pouvoir vivre de mes passions. C’est une chance, vraiment !

Tu entraines les petits du ski club de Val d’Isère depuis quelques années, qu’est ce que t’apportes cette expérience ?

C’est génial de pouvoir accompagner les jeunes Avalins du pré-club. En général, on a un groupe sur 2 saisons ! On a le temps de mettre en place des choses et de les consolider et en même temps ça passe très vite ! C’est incroyable de voir l’énergie qu’ils ont. Pas besoin de trop les pousser mais plutôt essayer de canaliser toute cette énergie pour que ça aille dans le bon sens. Je m’éclate avec eux car tout est possible, ils sont toujours partant et ça c’est super sympa pour les entraîneurs ! Ils ont la dalle… et c’est ça qui fait la différence, quand on a vraiment envie, il se passe de belle chose même si peu sortirons en ski, les autres pourrons transférer leurs compétences et apprentissages sur bien des domaines de la vie !

La préparation aux examens techniques du D.E. de ski alpin est un véritable défi pour les personnes non issue des filières traditionnelles de type ski club, qu’est ce qui te motive le plus pour coacher ces personnes ?

C’est vrai que le ski alpin fait parti des sports qu’il vaut mieux avoir la chance de commencer tôt car il y a une forme d’engagement et d’équilibration en glissement qui est propre à cette activité. Cependant, comme je l’ai dit précédemment, pour le sportif qui à la dalle, tout est possible ! C’est sympa de voir les progrès spectaculaires s’articuler tout au long d’une semaine d’entraînement. Partant de pas grand chose de solide au niveau technique, celui qui s’engage vraiment dans l’entraînement peu arriver à sortir le test technique puis l’eurotest avec les tripes, par l’engagement et l’implication dans son projet qui devient aussi le notre! Quand on voit de gros progrès sur une courte période pour nous, il y a un « retour sur investissement » assez direct et ça c’est super gratifiant. C’est différent de ce que je vis avec les jeunes de mon groupe de Val l’hiver que j’amène jusqu’à la catégorie suivante et avec qui j’ai le temps de construire des bases solides. C’est cette complémentarité qui me plaît beaucoup, et m’aide à transférer ce qui marche et à rectifier ce qui ne va pas dans mon coaching!

Tu encadres aussi les sports d’eau vive l’été, fais tu des transferts de compétence dans ta façon d’aborder ces différentes activités ?

Le transfert de compétence c’est ma passion (rire) ! Non, heureusement que ça existe sinon je ne ferrai pas grand chose ! C’est vrai que je transfère tout ce que je peux dans les sports que je pratique. C’est le transfert ski vers l’eau vive qui m’a permis d’être monitrice de kayak. La glisse, l’équilibration, l’anticipation, l’engagement… tout y est. Pareil pour le parapente que je pratique en loisir, un rouleau dans la rivière et assez proche du rouleau que l’on trouve en aérologie et c’est ainsi que j’essai de fonctionner. Idem pour le VTT de descente et tout le reste… J’aime être débutante sur une activité de plein air et me lancer en me disant, on verra bien et en général, les transferts arrivent vite. Pour moi, c’est un mélange de mémoire que le corps garde et d’instinct de survie.  C’est vraiment génial comme sensation sans se prendre pour Icare bien entendu car la sécurité est la base si l’on veut prendre du plaisir dans les sports que l’on fait. Mais sécurité ne veut pas dire de rester confortablement dans ce que l’on sait faire… ça non ! C’est trop bon de devoir trouver des solutions à l’imprévu sans pouvoir appuyer sur « pause » à condition d’accepter la chute et de recommencer encore…

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui se préparent au diplôme de moniteur de ski ?

En premier, j’ai envie de leur dire de croire en eux ! C’est la base : le verre à moitié plein (rire). Et puis la suite est logique : travaille, travaille et travaille ! Confiance + implication + travail = cela peut déplacer des montagnes ! Beaucoup de facteurs rentrent en jeu pour produire un ski performant qui permet d’aller au bout du DE ski alpin, c’est un projet important qui mobilise beaucoup de temps mais aussi des moyens. Si c’est vraiment le métier que l’on veut faire, ça vaut vraiment le coup de faire des concessions et de s’y employer à fond car c’est vraiment un beau métier ! Vivre sa passion en vivant de sa passion, je le souhaite à tout le monde.

 

 

Propos recueillis par Christophe