Au micro du CISM : Romain FORTE

 

A 25 ans, Romain FORTE  vient de terminer son BE ski et son Master II STAPS. Ce jeune entraineur originaire des Hautes-Alpes a fait de la préparation physique sa spécialité. Accumulant les expériences auprés de l’équipe de France de skicross et de l’équipe universitaire de Ski Alpin sur Grenoble, il s’occupe aussi l’hiver du club ESF à Serre-Chevalier.
Précis dans ses analyses et à l’affût des dernières innovations permettant d’améliorer la performance, il a rejoint les rangs du CISM et compte bien y utiliser ses compétences.

Ecoutez bien, paroles d’un spécialiste :

 

-Tu es le premier coach recruté par le CISM, qu’est ce qui t’a motivé à rejoindre cette jeune entreprise ?

La préparation  physique, c’est être perpétuellement à la recherche de la performance, analyser, évaluer, planifier
chaque effort pour être le plus pertinent possible, c’est à chaque fois  un challenge à relever avec l’athlète et c’est
cela qui me passionne.

Lorsque  j’ai rencontré Aimé Favre et Christophe Dejouy, j’ai pu ressentir dans leurs discours cette même passion
et ce perfectionnisme.

 -Tu viens de terminer ton BE ski cette année et de valider ton Master II STAPS, qu’est ce qu’un jeune comme toi peut apporter dans l’équipe du CISM ?

L’entrainement physique ou technique est basé sur deux grands principes : « l’empirisme » et « la théorie », les deux étant indissociables et complémentaires.
L’empirisme, permettant bien souvent de ne pas perdre de temps ! L’entraineur expérimenté a ses recettes d’entrainement qui marchent, ce qui lui permet d’optimiser son temps de travail et par conséquent celui de l’athlète.
Cependant, l’empirisme sans la théorie, c’est un peu comme un automobilisme sans carte routière, il  connait la route et arrive à bon port, néanmoins il y avait peut être un chemin plus court et plus rapide.
Pour l’entraineur c’est pareil, la route la plus courte et la plus rapide est alors la plus performante, et, tout comme les cartes routières, les sciences du sport tel que la biomécanique, la neurophysiologie, la bioénergétique et la psychologie, sont des domaines en perpétuelle évolution.
Je pense donc pouvoir apporter, si je peux me permettre la métaphore, « la dernière version de  carte routière ».

-Tu es un spécialiste de la préparation physique, quelle place doit tenir la préparation physique chez les athlètes de haut-niveau en général et chez les skieurs en particulier ?

Lorsque que l’on évoque le terme de « haut niveau », peu importe le sport,  ce terme renvoie à une notion d’excellence.
Le sport n’est autre qu’une activité physique codifiée par des règles, un sportif de haut niveau est donc une personne excellant sur le plan technique comme sur le plan physique.
Par conséquent, au sein de l’entraînement, la préparation physique tient une place tout autant importante que le travail technique.
D’autre part, les qualités physiques sont essentielles pour exprimer pleinement ses qualités motrices sur le terrain, mais également acquérir de nouvelles habiletés motrices qui ne pourraient émerger avec un niveau physique moindre et ce en ski comme dans  n’importe quel autre sport.

-Y a-t-il des protocoles de préparation physique spécifique chez le skieur freestyle ? En ont-ils besoin ?

Si l’on parle d’un freestyler de haut niveau alors, la réponse à la question précédente répond à cette question.
De plus, toute préparation physique intègre à un moment de sa planification une phase de travail spécifique, cette phase s’établissant à partir d’une analyse anatomo-biomécanique de la discipline.
Donc oui il y a une préparation physique spécifique au ski freestyle.
D’autre part, peu importe le sport, la préparation physique intègre également des objectifs de prévention des blessures, car  le  haut niveau technique n’est possible que si l’athlète n’est pas régulièrement écarté de l’entrainement pour cause de blessure et cette notion de prévention me semble plus qu’essentielle dans le freestyle.

-Les sports de la montagne sont nombreux, y a-t-il un sport en particulier dans lequel tu voudrais t’investir en préparation physique ?

Étant issu du milieu montagnard, j’ai également pratiqué l’escalade et je côtoie un certain nombre de grimpeurs de haut niveau. L’escalade est un sport où la préparation physique est peu présente, or c’est un sport de puissance et plus particulièrement d’endurance de puissance..
Ce sont ces différentes raisons qui me donneraient envie de m’investir en préparation physique dans le milieu de l’escalade.
De plus, la préparation physique dans l’escalade comme dans tous les sports, permet de varier l’entrainement, ce qui a son intérêt sur le plan physique en optimisant la performance et en réduisant les risques de blessures mais également sur le plan  psychologique en réduisant les risques de burnout (épuisement / « ras le bol »  psychologie pouvant apparaitre par la monotonie de l’entrainement technique)

-Dans ton mémoire de master 2 tu développes un protocole de prévention de la rupture du LCA chez le skieur, peux tu nous en dire 2 mots ?

La rupture du Ligament Croisé Antérieur du genou (LCA) est une des blessures graves, si ce n’est la plus grave la plus récurrente en ski alpin.  
J’ai donc logiquement orienté mes recherches et mon mémoire de fin d’étude, sur la prévention de la rupture du LCA chez le skieur alpin de haut niveau, à partir d’un protocol de préparation physique.
Et comme tout protocol expérimental se doit d’être évalué, j’ai également développé une batterie de tests isocinétiques en relation direct avec le protocol de préparation physique, en d’autres termes, adaptés aux contraintes du ski alpin.

 

Propos recueillis le 15/12/2012